Pacours d'exception

  INTERVIEW DE CATHY KOPP

Réalisée par Edgard ADDED, Directeur de la Revue RH&M

avec la collaboration de Catherine BENET DRH

« Avoir le goût du risque et de l'Innovation »

Edgard ADDED : Comment  êtes vous devenue DRH et dans quelles circonstances ?

Cathy KOPP : Par surprise. J'étais chez IBM ; j'y étais depuis une quinzaine d'années, j'évoluais dans le monde commercial ; j'ai été ingénieur, puis manager, puis  patron d'une agence commerciale. Un jour,  mon Président m'a demandé si  je voulais devenir DRH ; je n'ai pas compris,  parce que  mon business marchait bien, mes équipes fonctionnaient  bien, j'étais reconnue comme ayant des succès ;  j'étais dans une filière commerciale de manière naturelle. Il m'a dit : «  je veux un DRH qui connaisse le business, je ne veux pas un DRH administratif ; vous avez 48 heures pour réfléchir ». J'ai répondu « mais je ne connais pas ce travail. Si j'accepte, est-ce que vous me préparerez »?  « Oui, mais très opérationnellement, on va vous envoyer à l'étranger sur un poste en partie RH,  et puis vous reviendrez prendre le poste en France ». La compagnie avait 24000 collaborateurs en France à l'époque. J'ai réfléchi  48 h, j'ai dit oui, je ne savais pas à quoi je m'engageais. Ça a été un croisement dans ma carrière très important.

C'est comme cela que je suis devenue DRH, sans en avoir l'expérience, mais sur la base de mes succès opérationnels et peut-être sur la croyance dans mon entourage  d'une forme de potentiel. On me disait : on voit que les  personnes vous intéressent. Parce que j'avais des études d'opinion des salariés qui étaient les meilleures de France, même si mon business était aussi un des meilleurs de France. En fait, je réussissais  l'équation vertueuse d'avoir la meilleure étude d'opinion des salariés,  la meilleure enquête de satisfaction client et les meilleurs résultats. Je crois dans ce cercle vertueux. Quand vous vous occupez bien des salariés, ils s'occupent bien des clients. C'est vrai que les gens m'ont toujours intéressé et d'ailleurs, moi qui suis mathématicienne, j'ai toujours aimé la complexité des systèmes et des solutions à apporter et j'estime que les personnes, c'est ce qu'il y a de plus complexe à gérer. Elles vous fournissent toujours des surprises positives ou négatives et je pense que c'est cela qui m'a attiré et qui m'a donné beaucoup de satisfactions.

 


 

E.A. : Qu'est ce qui vous différencie des autres DRH ?

C.K. : Ce qui me différencie, c'est d'avoir  environ 17 ans d'expérience opérationnelle. C'est un apport fabuleux, vous  connaissez le terrain, les métiers ; avoir fait du terrain, cela vous permet de comprendre la stratégie de l'entreprise ; et un DRH doit comprendre la stratégie de l'entreprise. C'est, je crois, cela qui me différencie.

Sur le plan de la personnalité, ce qui me caractérise, c'est le goût du risque. Je l'ai parce que j'aime l'innovation, quand on innove, on prend des risques. J'aime les challenges et j'aime réussir les challenges.  A chaque fois que j'en réussissais un, j'en avais un autre.  C'est oser, être optimiste, je suis optimiste,  je crois en la réussite des autres. J'aime prendre des risques, mais  avec des personnes, j'aime faire prendre des risques aux autres mais en les « supportant » au sens américain du terme.

Le reste c'est  une question de  personnalité. Je suis très engagée. Lorsque je travaille pour une entreprise, je travaille pour le progrès  de l'entreprise, mais aussi pour le progrès des personnes de l'Entreprise ; ce n'est pas toujours facile. Je suis très  engagée et passionnée.

 

E.A. : On dit généralement que le DRH  est plutôt modeste, dans l'humilité. Est-ce que aujourd'hui,  le DRH doit être un leader ?

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